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  700 jours avec un Pentax 645D - PARTIE 2 
JUILLET 2018
opinion Matériel
Le Pentax 645D est un moyen-format numérique profesionnel. Après 700 jours d'utilisation, découvrez ce que je pense de cet appareil photo profesionnel.
Partie 2 de l'article avec les conclusions
  Délai d'enregistrement des fichiers  
Le 645D génère des images de 40Mpx. Gros fichiers en 2010, petits fichiers aujourd'hui au regard des possibilités des moyen-formats actuels. Ici, le 645D montre ses faiblesses : 8 secondes pour afficher un cliché après la prise de vue, c'est long, très long. Avec ce boîtier, nous sommes dans un autre temps, un temps ancien où l'on prenait le temps. Mais en pratique, la visualisation d'une image ne devient nécessaire que pour contrôler un histogramme ou une mise au point. Personnellement, je désactive l'affichage du dos. À par ces deux points de contrôle, je sais d'avance quels résultats je vais obtenir lorsque je déclenche.
Le Pentax 645D accepte 2 cartes SD
©2018 - Laurent Vonarx-Oulès
L'emploi de cartes SD plus performantes ne change rien à la durée d'enregistrement. Cela n’empêche pas de privilégier la meilleure qualité possible de cartes SD et de régler les deux slots du boîtier pour chacun enregistre une copie de l'image, sécurité oblige. Je vois trop souvent des photographes avec des appareils hauts de gamme négliger la qualité des supports d'enregistrement et se plaindre d'avoir perdu des images irremplaçables.
Menu de réglage des cartes SD
©2018 - Laurent Vonarx-Oulès
Il est important de signaler une caractéristique très importante des 645D & 645Z: ces 2 boîtiers proposent l'enregistrement des raw soit en pef, format natif, soit en dng, standard d'enregistrement OUVERT proposé par adobe. L'énorme avantage du format dng est qu'avec le temps, les fichiers raw enregistrés avec ce standard garderont plus de chance d'être lus et interprétés par les logiciels du futur . . . Nul ne sait si les caractéristiques du format pef seront encore disponibles dans l'avenir.
Les tests que j'ai menés ne montrent aucune différences visibles de qualité entre le pef et le dng. 
Je privilégie ce format d'enregistrement depuis que je travaille avec des boîtiers numériques. Certains fabricants, comme Leica, ont choisis d'enregistrer systématiquement en dng.
  Vitesse minimum  
Les flous de bougés, du photographe comme du sujet, deviennent vite la seconde cause d'élimination des clichés. Tout comme les erreurs de mise au point, ce type de flou est beaucoup plus apparent avec les capteurs numériques qu'en argentique. La règle du 1/focale n'est plus de mise aujourd'hui et doit être remplacée par 1/(2 X focale, voir 3 X) Par exemple, à main levée avec un 150mm, l'ancienne règle préconisait 1/125 comme vitesse minimum. Il est préférable d'utiliser 1/250 pour réduire les flous, soit avec une plus grande ouverture, soit en augmentant la sensibilité Iso. 
L'usage d'un monopode en reportage est également un accessoire améliorant les résultats des focales longues ou en lumière faible. 

En argentique, ce flou passerait inaperçu mais pas en umérique
©2018 - Laurent Vonarx-Oulès
  La vitesse maudite des 645D  
Aucun système n'est parfait et le Pentax 645D ne déroge pas à la règle. J'ai constaté qu'à 1/125, et uniquement à cette vitesse, l'exposition du capteur n'était pas parfaite et qu'une bande plus sombre apparaissait sur les clichés. Après interrogation des service techniques de Ricoh, il m'a été répondu que ce problème provient d'une limite mécanique de l'obturateur des 645D, et a été corrigé sur les 645Z.  
Ce problème, qui passe inaperçu en prise de vue extérieure devient très visible en studio et sur fond blanc. Régler la vitesse à 1/100 dans les menu réglages l'élimine définitivement en studio. En extérieur, un peu de vigilance au post-traitement s'impose, ne pas utiliser le 1/125 n'étant pas toujours possible.
En studio, ce problème ressemble à une vitesse syncro trop rapide
©2018 - Laurent Vonarx-Oulès
Sur fond blanc à 1/125 la bande sombre apparaît nettement
©2018 - Laurent Vonarx-Oulès
  Batteries et autonomie  
Une des grandes force de ce boîtier est son autonomie et sa batterie. Les spécifications annonce 800 clichés. Ne pratiquant plus le mariage, mes reportages dépassent rarement les 300 vues ou plus exactement, 2 ou 3 heures d'affilées sans éteindre le boîtier. La batterie tient largement toute la durée d'un reportage. Comparé à ses concurrents moyen-format, le 645D offre une courte durée de latence au démarrage : 0,7 s. En reportage, c'est un temps d'attente beaucoup trop long et régler l'extinction sur 5 minutes est une bonne option pour ne rater aucune image. De plus la dissipation thermique du capteur par le boîtier est très efficace et il n'y aucune crainte de surchauffe ou d’apparition de bruit thermique avec des prises de vues instantanées. 
 
La batterie des 645D et 645Z est une D-Li90 au lithium. C'est une batterie standard chez Pentax qui l'utilise dans beaucoup de boîtiers. Cette standardisation en fait une batterie peu onéreuse et très facile à acquérir. De nombreux modèles générique existent en remplacement de la batterie d'origine.
  Faiblesse des batteries génériques  
Je préconise de ne pas utiliser de batteries génériques avec le 645D. L'économie de quelques euros sur un élément clé du système peut engendrer des conséquences très désagréables sur le terrain. Il m'est arrivé le problème suivant avec une batterie générique: Après un certain temps d'utilisation, alors que le boîtier m'indiquait encore une pleine charge, l'appareil s'est éteint subitement. Après remise en route, avec l'interrupteur On-Off, l'écran de contrôle clignotait rapidement, sans raison. Le seul moyen pour arrêter ce clignotement fut d'enlever la batterie puis d'en remettre une nouvelle chargée à 100 %. J'ai rencontré deux fois cet incident, à chaque fois avec une batterie générique.
  sensibilité Iso  
Le 645D est équipé d'un capteur CCD déjà ancien. De 100 Iso à 40 Iso, le bruit est inexistant. Les sensibilités supérieures sont à éviter, la bruit est vite présent et vient amoindrir la qualité attendue avec un tel système. Le 645Z, avec un capteur CMOS, offre des possibilités largement supérieures en hautes sensibilités. En contrepartie, le CCD du 645D permet d'obtenir un rendu des teintes chair sans égal et une gamme de tonalités plus douces.
  Poids du système  
Le poids d'un système moyen-format est l'un des points le plus négatif et toujours évoqué par les photographes ! Le boîtier nu pèse 1,4 kg. Les objectifs et les accessoires sont eux aussi plus gros et plus lourds. Dans mon sac, Outre le 645D et un objectif, je loge 3 optiques supplémentaires, un spotmètre et quelques petits accessoires indispensables. Le poids total dépasse les 10 kg et le trépied ajoute 5kg à l'ensemble. Le choix d'un moyen-format est un exercice de force.
  Des boutons, des boutons, plein de boutons  
Il est pratique, en cours de prises de vues, d’accéder directement à une option par une pression sur un bouton plutôt que de naviguer via une ligne d'un menu assez touffu. Mais le 645D, comme le 645Z, possèdent trop de boutons, dont certains pas toujours utiles et susceptibles de modifier inopinément les réglages en cours. Un tel incident m'est déjà survenu et je me suis retrouvé au final avec des fichiers jpg au lieu des raw habituel. Le 645D ne possède pas, à l'instar du 645Z, un bouton de sécurité qui verrouille toutes les fonctions accessibles par pression. Un vérification régulères de tous les paramètres est une très bonne habitude à adopter.
Les boutons supérieurs sont inutiles
©2018 - Laurent Vonarx-Oulès
  Capture One ou Lightroom  
Capture One ou Lightroom ? Pour les utilisateur de 645D et 645Z, le choix est vite fait : Capture One n'est pas pour eux. C'est une volonté commerciale de Phase One, éditeur de Capture One mais aussi fabricant de boîtiers et de dos numériques moyen-format de très haute qualité. Pour ne pas concurrencer leur propre fabrication, Phase One a choisi de ne pas intégrer dans son logiciel les appareils moyen-format concurrents. Pour développer les fichier Raw (pef ou dng) issus des 645, l'usage de Lightroom s'impose pour tirer le maximum des qualités du moyen-format. Même s'il est possible d’utiliser Capture One, on perd les corrections spécifiques des optiques, on ne peut pas intégrer les profils personnalisés, comme ceux produits par CMPcolor, et la qualité des des raw n'est pas optimisée. 
 
Je ne suis malheureusement pas un fervent utilisateur de Lightroom : trop gourmand en ressources, lent et une ergonomie pas toujours très pratique. C'est un logiciel déjà ancien qui nécessiterait une refonte totale pour offrir les avantages de Capture One : rapidité, fluidité, retouches locales par calques, modifications des couleurs par séparations. Le workflow est grandement facilité et le gain de temps substantiel. L'obligation de traiter mes images avec Lightroom est le point qui m'importune le plus dans les côtés négatif des 645D & 645Z. 
 
Il est toujours possible de développer avec Capture One. C'est ce que je fais avec les images prises avec le 55mm ou le 120mm lorsque qu'elles ne demandent pas de traitement colorimétriques particuliers. En jouant avec les corrections de couleurs, les fichiers obtenus possèdent quand même une touche spécifique au moyen-format, comme la profondeur de champs réduite, qui assure au résultat la satisfaction des clients.
  Pour conclure  
Malgré des performances en deçà des caractéristiques pour un moyen-format numérique en 2018, ce boîtier déjà ancien permet tout de même de réaliser des images magnifiques. Il bénéficie d'une gamme très larges d'optiques, anciennes ou modernes à des prix fort abordables. Quelques petits défauts, comme le problème de la vitesse 1/125, le manque de monté en Iso et la durée d'enregistrement, ne grèvent pas les qualités du 645D et sa facilité à produire des images somptueuses. Son allure de gros reflex ne doit pas faire oublier qu'un moyen-format reste lent sans pour autant interdire la réalisation de reportages. La précipitation est exclue, et le silence également: lla remontée et le retour su miroir est très bruyant! Le 645D est un appareil parfait pour la prise de vue de paysages où le temps ne compte pas et la réflexion devient possible.
Envisager des clichés avec un moyen-format numérique n'est plus une utopie aujourd'hui, le 645D est revendu à bas pris sur le marché de l'occasion et la pléthore d'objectifs permettent l'obtention d'un système complet. Mais ce sera toujours une démarche délicate qui réserve bien des déconvenues tant l'usage de tels boîtiers restent délicats à apprivoiser pour obtenir des images parfaites et beaucoup de photographes professionnels hésitent avant de franchir le pas. 
Pourtant, avec des photosites plus larges que qu'un full-frame de 40Mpx, le Pentax 645D sera plus tolérants et aussi généreux dans ses résultats, avec des optiques aux qualités inférieures mais infiniment moins coûteuses. 
 


Et vous, que pensez vous du moyen-format ? 
Êtes vous utilisateur ou envisagez-vous de franchir le cap ?

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